Désintoxication de la langue de bois: Comment détecter et maîtriser les mots à risque?

« Il est difficile pour le public, qui n’est pas averti, d’évaluer objectivement si un discours politique ou économique est contradictoire avec ce qu’il connaît. Si ces contradictions existent, elles sont masquées par une langue de bois. »

Lorsque l’on analyse la réalité des faits au travers du prisme déformant que constitue notre propre perception, on ne peut pas être objectif. Alors comment faire? Comment trouver le juste milieu entre notre perception et la réalité pour avoir une vision plus objective de nos actions?

La désintoxication est un processus qui consiste à déceler les mots en « bois », c’est-à-dire utiliser des termes flous ou équivoques afin de masquer sa pensée réelle. Ce concept a été mis au point par Daniel Jourdan, fondateur du cabinet LEXSI spécialiste en communication digitale et marketing relationnel sur Internet . Il s’agit donc ici d’un support à la pensée et à la réflexion personnelle.

On entend par « langue de bois » le fait d’employer un lexique flou ou équivoque afin de masquer sa pensée, ses intentions qui ne correspondent pas au sens commun « langue bourrée » . Le terme a été créé en 1929 par l’ancien secrétaire générale du Parti communiste français Marcel Gitton. Il désigne alors une personne utilise des mots vides pour remplacer les concepts authentiques. En effet ils font appel aux idéologies plutôt qu’à des réalités concrètes.

Le terme « langue de bois » était utilisé à l’origine pour désigner les discours officiels vides de sens et inopérants, sans être péjoratifs ou critiques. Il est donc important avant toute chose d’identifier ces termes flous qui nous empêchent d’avancer vers un objectif précis car ils parasitent la communication .

La langue de bois est composée par des mots non linquaïmables (des formules abstraites ), anecdotiques ( des exemples hors contexte ), vagues ou floues et surtout répétitives. On peut notamment citer les principales marques de langue de bois en entreprise :

Comment parler sans langue de bois ?

Parler sans langue de bois est un moyen de créer un climat propice à la communication et d’avoir une bonne compréhension des autres. La solution est donc simple, il faut tout mettre en œuvre pour que les choses soient claires afin de ne pas faire douter son interlocuteur . On peut alors maîtriser l’art du langage par le recours aux affirmations sans équivoque ou prétentieuses , ce qui implique aussi d’être sincère face à votre auditeur.

En réalité cela demande beaucoup plus qu’une simple connaissance de la langue française car il s’agit davantage ici de respecter les fondamentaux du marketing relationnel . Il faut alors faire preuve de sensibilité envers son interlocuteur et ne pas minimiser , cacher ou effacer sa pensée.

Il est important à ce titre que l’on considère quelques principes fondateurs pour éviter certains pièges comme le primat des actes sur les mots : chaque action doit traduire vos paroles afin d’être crédible, le premier geste compte plus que tout argument.

Le recours aux sources et au contexte : à chaque situation ses mots, il est préférable de se référencer pour appuyer son propos. Cela permet en outre d’être crédible car le ton utilisée traduit la personnalité du locuteur , c’est un peu sa marque employeur .

Ne pas tomber dans l’ostracisme : une parole trop modérée ou polie risquerait de ne plus être comprise par les autres. Il faut alors trouver un juste milieu entre le flou et l’extrémisme.

La clarté, la cohérence et l’efficacité sont les trois facteurs à prendre en compte afin d’être efficace au quotidien . Lorsqu’on est capable de communiquer sans langue de bois on peut alors éviter plus facilement des malentendus professionnels , cela permet aussi de mieux valoriser sa parole car elle apparaît toujours positive et constructive .

Il existe ensuite un certain nombres de techniques pour donner du « corps » aux idées afin que celles-ci soient comprises et interprétées comme nous l’entendons.

Citer des exemples concrets

Il s’agit d’illustrer son propos avec un contexte réel ou fictif qui facilite la compréhension du public . Cela peut être simplement à travers une anecdote, par opposition ou encore en utilisant les registres de langues (soutenu / familier). Expliquer son point de vue sur le sujet : cette technique permet notamment d’expliquer sa pensée sans dévoiler toute la stratégie. Il est alors possible de jouer sur les mots pour faire passer un message, c’est une sorte d’initiative « soft » qui peut être utilisée à bon escient.

Utiliser des métaphores et comparaisons

On parle alors ici de raccourci sémantique car il permet d’alléger le propos . On évite ainsi la longueur des phrases lourdes en abrégeant son discours grâce à quelques images ou analogies. Il ne faut pas non plus abuser ce procédé afin que celui-ci soit clair et compréhensible.

Ne pas confondre langue de bois et ironie

La première consiste à manipuler les mots afin d’obtenir le résultat escompté tandis que l’ironie vise avant tout à faire preuve de subtilité pour dévoiler une idée, un sentiment ou encore une façon de penser.

Elle doit alors être comprise par son auditoire car elle n’a clairement aucun intérêt si ce dernier ne comprend pas votre message ! Il est donc important de toujours connaître les codes et la culture de son interlocuteur.

Détecter les formules à risque

Il faut alors être capable d’identifier toutes les paroles qui peuvent vous nuire et celles-ci sont nombreuses comme on l’a déjà mentionné . Il est donc important d’être vigilant au sein du discours afin que chacune des phrases soient claires, précises et efficaces.

On évitera ainsi le langage convenu ou trop vague pour ne pas demeurer flou . La plupart du temps cela consiste en une accumulation d’adverbes et de mots vides qui ne traduisent rien.

Atténuer le langage convenu

il s’agit ici plutôt des formules toutes faites ou encore du formalisme pour montrer sa déférence envers l’interlocuteur.

Afin d’apporter une touche personnelle à son message, on peut alors remplacer ces clichés par des qualificatifs plus percutants qui apportent un certain style au discours. Il faut également se concentrer sur les autres points précédemment cités afin d’être le plus clair possible dans son discours.

Penser au contexte et à l’audience

il faut alors toujours avoir en tête quel est le monde de référence de notre interlocuteur et ce, afin de ne pas tomber dans les pièges des langues trop abstraites . Ces codes spécifiques sont donc difficilement compréhensible par un étranger ou encore pour une personne qui n’est pas familière avec la culture ciblée (par exemple: utiliser beaucoup de business english). Pour ce faire, il est alors conseillé de bien étudier les lieux et le contexte dans lequel sera fait son discours.

Citer des phrases clés

Ou encore appeler l’attention sur certains points sensibles dont on souhaite qu’ils soient connus du tout public afin que ce dernier nous suive .

On peut donc s’inspirer directement des paroles considérées comme marquantes faites pendant la campagne présidentielle 2017 pour illustrer notre propos. Il ne faut pas non plus abuser cette technique car elle doit rester efficace et donner du sens à l’auditoire.

Ne pas confondre la langue de bois avec les figures de style : ces dernières permettent quant à elles, au contraire , d’alléger le propos par des jeux sur les mots ou encore un recours aux différents registres linguistiques (familier / soutenu).

On peut alors se servir du lexique pour exprimer son point de vue en jouant notamment sur des raccourcis conceptuels . Il faut alors être sensible aux expressions idiomatiques qui peuvent avoir un sens très différent de ce qu’on en attend.

Le langage non verbal

il s’agit ici des gestes et expressions du corps afin d’accompagner le discours . On adoptera alors une posture droite, on choisira les bons mots pour que l’auditoire comprenne notre message sans ambigüité. Il ne faut pas oublier la respiration car elle permet de reprendre son souffle pendant plusieurs secondes et donc, génère moins de stress. Cela se matérialise par un meilleur contrôle de la parole, le tout en restant naturel.

Toujours garder un oeil critique

Il faut donc rester attentif à son propre discours afin d’éviter les écueils qui pourraient ensuite se répandre sur Internet . On peut alors commencer par faire une petite recherche rapide et voir ce que notre interlocuteur a déjà partagé sur internet. Cela ne prend pas beaucoup de temps mais permet d’avoir une idée très claire du profil social dont on va devoir gérer l’image.

Garder le sens de l’humour

Il faut aussi rester à son compte, éviter les clichés et surtout , faire preuve d’originalité afin que la phrase soit reconnaissable comme étant la votre . On peut alors se servir des mots qui nous semblent percutants ou encore justement utiliser une langue plus familière pour résonner au plus près du public ciblé. Il s’agira donc ici d’être subtile car trop abscons ne marchera pas non plus !

Pour conclure

La langue de bois n’est pas un concept nouveau : depuis le début de l’humanité, il s’agit d’un phénomène puissant qui permet à une classe dirigeante de conserver son pouvoir . On peut alors se référer aux différentes études faites sur ce sujet afin que la phrase soit plus vraie et apporte un certaine crédibilité.

Il faut également noter qu’il est parfois utile d’utiliser des mots techniques pour confirmer ou expliquer certains points du discours . Il ne faut pas non plus abuser de cette technique puisqu’elle peut rendre le discours un peu pénible à suivre dans les cas où l’on insiste trop. On choisira alors soigneusement ceux dont on se sert et qui correspondent aux thèmes abordés sur notre blog.

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